La densitometrie osseuse améliore la prise en charge de l’ostéoporose après fracture du poignet

C. Bonnet, C. Dufauret-Lombard, V. Carcasses, R. Treves, P. Bertin Service de Rhumatologie - CHU Limoges

mardi 13 avril 2010 par Isabelle Bessas

Alors qu’elle représente une opportunité de diagnostic précoce de l’ostéoporose, la prise en charge médicale de l’ostéoporose après fracture du poignet reste insatisfaisante. Pour améliorer cette prise en charge, nous avons proposé, avec l’aide des organismes sociaux, des rhumatologues et des radiologues du Limousin, de réaliser une étude épidémiologique interventionnelle sur le diagnostic précoce de l’ostéoporose après fracture du poignet.

Patientes et méthodes : le recrutement des patientes a été réalisé : en 2005 sur invitation par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) à passer une densitométrie osseuse (DMO) pour toute femme ménopausée entre 50 et 75 ans, ayant eu une fracture du poignet dans les 5 dernières années et n’ayant pas eu de DMO en 2006 après fracture du poignet. Un auto-questionnaire d’évaluation des facteurs de risque de fracture (FDR) était rempli par chaque patiente, lors de la réalisation de la DMO. Les résultats étaient transmis au médecin traitant. Un an après la réalisation de la DMO, un auto-questionnaire évaluant la prise en charge thérapeutique de l’ostéoporose et la récidive éventuelle de fracture, a été adressé par la CPAM à chaque patiente. Nous publions les résultats de cette étude à 1 an.

Résultats : 324 patientes ont été incluses dans cette étude, d’âge moyen 65 ans. 28% des patientes avaient au moins un autre FDR de fracture (ménopause avant 40 ans, IMC inférieur à 19, antécédent de corticothérapie, antécédent de fracture de hanche chez les parents). 55% des patientes avaient une ostéopénie densitométrique, dont 27% avec un autre FDR de fracture. 24%des femmes avaient une ostéoporose densitométrique.

Un an après la réalisation de la DMO : un auto-questionnaire a été adressé aux 324 patientes. Le aux de réponse était de 88%. 9 % des patientes ont eu une nouvelle fracture. Le pourcentage de patientes sous traitement anti-ostéoporotique avant et un an après la réalisation de la DMO sont les suivants :

Traitement ostéoporose avant DMO Traitement ostéoporose après DMO p
Groupe de DMO N % N %
Osteopénie 26/174 15 55/158 35 P<0.0001
Osteopenie et au moins autre FDR 7/48 15 15/46 33 0.04
Osteoporose 15/78 20 30/54 55 P<0.0001

Discussion : il existe une différence statistiquement significative de pourcentage de patientes sous traitement anti-ostéoporotique, un an après la réalisation de la DMO. Cette différence s’observe chez les patientes ostéoporotiques et ostéopéniques.

Conclusion : dans cette étude, la réalisation de la DMO après fracture du poignet a permis d’améliorer la prise en charge médicale de l’ostéoporose fracturaire post-ménopausique.


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