Edito

Mise à jour le 16/10/2015, par Pascal (Dev.)

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Les anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente (AASAL), prescrits à 1,5 million de personnes, pourraient être déremboursés dans les prochaines semaines pour service médical rendu insuffisant. La conclusion pour la visco-supplémentation par acide hyaluronique par infiltration dans l’arthrose du genou est pour l’instant suspendue en raison d’un vice de forme, mais la conclusion risque d’être, à la clé, similaire.

Nous pensons que ces traitements, certes à efficacité faible à modérée mais non nulle, ont cependant leur place dans la prise en charge médicale « made in France » de l’arthrose. Le déremboursement serait, à notre sens, prendre un gros risque de santé publique en laissant la porte ouverte à la surconsommation d’anti-inflammatoires de traitements de la douleur et d’autres thérapeutiques nettement plus dangereuses pour la santé des patients. Cette surconsommation de ces traitements serait potentiellement, à notre avis, à l’origine de plusieurs milliers de cas graves d’effets indésirables, voire de décès.

Grâce à la mobilisation sans précédent des patients, des syndicats de rhumatologues (SNMR et CFMR) et des rééducateurs (SOFMER, FEDMER et SYFMER), ce sont plus de 138 000 signatures qui ont pu être déposées par l’AFLAR au Ministères des Affaires Sociales et de la Santé, le 18 septembre dernier. La mobilisation continue sur www.stop-arthrose.org/petition et auprès de votre rhumatologue ou médecin rééducateur.

L’objectif de l’AFLAR est clair : préserver la qualité de vie des patients, l’égalité d’accès aux soins et le modèle français, sécurisé et économiquement viable, dans la prise en charge médicale de l’arthrose. Pour exemple, saviez-vous qu’en France, on pose globalement deux fois moins de prothèses de genou par an, que chez bon nombre de nos voisins ? 1 Ce chiffre s’explique en partie grâce à cette prise en charge médicale, notamment grâce à ces traitements sur la sellette.

Sans pouvoir contester l’avis de la HAS, l’AFLAR ne cache cependant pas sa déception et demande officiellement à Madame Marisol Touraine que soit menée, préalablement au déremboursement, une étude d’impact par un groupe d’experts sur les risques de report de prescription en cas de déremboursement des AASAL et de la visco-supplémentation.

En attendant, je vous propose de parcourir dans ce numéro les clés pour mieux identifier l’origine de votre mal de dos dans notre zoom consacré à ce “mal du siècle” ; mais aussi, le préprogramme de la 2e édition des Rencontres Nationales sur les Rhumatismes ; ou encore tous les détails du dispositif de l’Alliance Nationale contre l’Arthrose dans le cadre des Etats généraux 2014-2015.

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