La vie des Rhumatisants célèbres

Par le Pr Raoul Ghozlan

jeudi 18 mars 2010 par Jean-Louis Szymczak

LA VIE DES RHUMATISANTS CELEBRES

Pr. Raoul Ghozlan

Tout d’abord, il faut dire qu’à travers l’histoire Mozart, Renoir et Dufy se sont illustrés avec beaucoup de talent et ont laissé une œuvre d’une qualité exceptionnelle et ce, malgré les maladies rhumatismales qui les ont affectés.

WOLFGANG AMADEUS MOZART

A l’âge de 6 ans, il va développer plusieurs épisodes associant fièvre, douleurs articulaires parfois un érythème noueux, parfois des signes cutanés et des douleurs abdominales.

Ceci ne l’empêchera pas de composer de nombreux opéras, de faire de nombreux voyages ; par ailleurs, il vit dans des conditions très difficiles. A la dernière année de sa vie, en septembre 1791 Mozart est âgé de 35 ans : il va présenter un nouvel épisode accompagné de fièvre, de diarrhée, de douleurs abdominales, de lésions cutanées ; le tableau va se compléter par une hémiparésie suivie d’une insuffisance rénale et d’un coma terminal. Du fait d’un possible état contagieux et de la grande misère dans laquelle il vit, il sera enterré dans la fosse commune du cimetière Saint Marx près de Vienne.

Parmi les éventualités diagnostiquées proposées, il faut évoquer celle d’un empoisonnement par son rival Sallieri, d’une endocardite et surtout d’un purpura rhumatoïde.

RAOUL DUFY

C’est à l’âge de 58 ans, en 1935, que les premiers symptômes de polyarthrite rhumatoïde apparaissent. Deux ans plus tard, il réalise une de ses œuvres les plus célèbres ‘La Fée Electricité ». En 1940, il sera traité par des sels d’or par son ami le Dr. Nicolau ; il fera une nouvelle cure en 1946, du fait d’une rechute de la maladie. En 1949, son handicap est tel qu’il est obligé de se déplacer avec des béquilles. En 1950, il rencontre le Dr Homburger au Jewish Memorial Hospital à Boston qui le traitera d’abord par de l’ACTH puis par de la cortisone avec un excellent résultat. En 1951, il fait une exposition à New-York pour l’« Arthritis and Rheumatism Foundation ». Certains ont noté une différence dans ses aquarelles avant et après les corticoïdes. Il décèdera en 1953 à Forcalquier d’une hémorragie digestive et n’aura pas la joie d’assister à la rétrospective grandiose qui lui est consacrée au Musée d’Art Moderne à Paris.

AUGUSTE RENOIR

C’est en 1890 ou 1897 que débute sa maladie rhumatoïde ; à cette époque, il reçoit de l’antipyrine, des purgations et on lui conseille des cures thermales. En 1901, sa maladie l’empêche de fournir les toiles promises à Durand Ruel. En 1904, son handicap l’amène à s’installer dans son atelier à Cagnes-sur-Mer, il a des difficultés pour se déplacer, devant s’aider d’une canne. En 1904, le Salon d’Automne constitue un grand succès mais ses amis vont s’inquiéter de son état de santé. En 1907, il peint sa gouvernante dont il est devenu dépendant : « Gabrielle à la blouse blanche ». En 1910, il est obligé de se déplacer en chaise roulante. En 1915, passionné de sculpture, il est handicapé par ses mains déformées, il est obligé d’attacher le pinceau à ses doigts. En ce qui concerne les liens entre son œuvre et sa maladie, on ne trouve pas trace d’une éventuelle influence.

CHRISTIAN BARNARD

Le professeur Christian Barnard, célèbre chirurgien cardiaque, qui a été un des pères de la transplantation cardiaque, débute une polyarthrite rhumatoïde alors qu’il fait ses études aux Etats-Unis. Il est tourmenté par le diagnostic et ses conséquences, uniquement en ce qui concerne sa carrière de chirurgien cardiaque. Il bénéficiera d’un traitement corticoïde pendant plusieurs années. Plus tard, il écrira un livre « Mieux Vivre l’Arthrite ». L’écriture de cet ouvrage va le « libérer ». Il insiste sur les méfaits de l’introversion. Il raconte que sa maladie va s’améliorer lorsqu’il rencontre sa seconde épouse qui était jeune, belle et dont il était fortement amoureux. C’est après plusieurs années que les récidives vont apparaître notamment au moment du stress et après l’annonce que sa femme voulait le quitter. C’est pour cela qu’il donne des recommandations pour se protéger du stress.

EDITH PIAF

Tout le monde connaît, a vu et entendu chanter Edith Piaf. Elle naît à Paris, près de l’Hôpital Tenon en 1915. Edith a une vie artistique passionnante et une vie amoureuse tumultueuse et ce malgré une polyarthrite rhumatoïde. On dispose de peu d’informations précises sur sa maladie. On sait cependant que sa maladie s’est déclarée relativement tôt, certains disent qu’elle serait apparue après la mort de Marcel Cerdan, décédé dans un accident d’avion, en 1949. Certaines images montrent ses mains déformées devant le micro. Si elle chante avec « ses tripes » c’est peut-être à cause des souffrances physiques et morales qu’elle a endurées. « Si je ne chante pas je meurs ! » disait-elle ; elle s’adonnera à l’alcool, à la drogue (?), à la morphine et décèdera d’une hémorragie interne, le 13 octobre 1963, le même jour que son ami Jean Cocteau.

AUTRES PERSONNALITES CELEBRES

Byron Janis, Niccolo Paganini, mais aussi Tristan Bernard et Sacha Guitry auraient également souffert de maladies rhumatismales.


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