Les enjeux du maintien au travail

Mise à jour le 18/05/2015, par Cédric - AFLAR

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Dans un environnement économique tendu, concilier maladie chronique et travail peut poser question. Toutefois, tous les acteurs s’accordent à reconnaître les vertus du maintien dans l’emploi.


Pour les personnes atteintes de rhumatismes :

conserver ses revenus, son utilité sociale, ne pas perdre la considération du management et des collègues, éviter la désinsertion professionnelle souvent synonyme de précarisation et déprime pour le salarié… Le travail est un facteur thérapeutique de motivation, avec un traitement adapté et un suivi régulier on peut rester actif…

Personnes concernées

Travailleurs

Facteurs positifs/opportunités

Le travail permet de rester inséré et de sentir utile, de garder des repères

  • le soutien des collègues
  • l’appui direct du management
  • chacun prend soin du collectif de travail
  • les aides de l’entreprise pour la prise en compte de la situation de handicap au travail (médecine du travail, aménagements…) Je fais le choix d’évoquer mon problème de santé dans l’entreprise et agis, avec mon employeur, pour qu’il m’aide à garder mon emploi.

Freins/points bloquants

  • manque d’informations
  • craintes liées à l’annonce : peur de dire sa « faiblesse », d’être stigmatisé, de perdre son emploi ou freiner son évolution professionnelle
  • vulnérabilité…
  • difficulté vs les rythmes de travail
  • isolement

Je fais le choix de ne pas évoquer mon problème de santé dans l’entreprise et compense par moi-même afin de garder mon emploi.

Pour les entreprises :

Coût du présentéisme, vieillissement de la population au travail, nécessité de traiter les problèmes avant qu’ils ne s’aggravent, amélioration de la qualité de vie au travail (cf. plan 2010/14), démarche vertueuse pour l’ensemble des collaborateurs, moins d’arrêts de travail. RSE : l’entreprise territoire de santé, prise en compte de la diversité humaine…

Qui est concerné ?

Les entreprises

Facteurs positifs/opportunités

  • repenser et anticiper l’organisation du travail au bénéfice de tous
  • créer un environnement de travail « capacitant »
  • s’occuper du poste, prendre soin de …(Care)
  • augmentation du % de RQTH
  • communication de preuves dans le cadre de sa politique RSE
  • opérateur d’insertion
  • fonds de compensation

Moyens thérapeutiques

  • souvent peu informées sur les ressources à disposition
  • complexité de la prise en charge individuelle vs collective
  • PME vs grandes entreprises avec une mission handicap
  • plus complexe pour les TPE

Comment discerner ?

Extraits de l’ouvrage « le Cahier des maladies chroniques » dans le cadre du symposium Abbott « Impact des rhumatismes inflammatoires chroniques (RIC) sur l’activité professionnelle : enjeux en 2012 ».

Pour des personnes atteintes d’affections chroniques, l’éviction du monde du travail, c’est la « double peine ». (citation d’un livret de la Work Foundation avec le soutien de ABBOT.

« Les conséquences de l’absence d’activité professionnelle sont connues : sédentarité, dépression, conduites addictives, on sait que cela a même un impact sur la descendance : les enfants sont moins incités à engager de longues études. Dans nos sociétés, le travail conditionne tout : le statut social, l’identité, la reconnaissance ». Docteur Olivier Obrecht – Chaire Santé - Sciences Po

« Si les patients se trouvent utiles, s’ils ont une qualité de vie au travail, le travail les “tient” ».
Professeur Bruno Fautrel – Rhumatologue à la Pitié-Salpêtrière

« Alors, on est enfin d’accord sur le fait que le travail est indispensable à la santé ? Je suis une farouche partisane du maintien dans l’emploi des personnes qui ont des problèmes de santé ou des handicaps. C’est une question de dignité humaine. On doit pouvoir proposer à chacun une activité rémunérée avec des formules adaptées, individualisées, souples ».
Marie-Thérèse Boisseau – DGS

« Pour les salariés fragilisés par le handicap, la maladie, toutes les études montrent que le travail a un caractère mobilisateur. Ils peuvent faire preuve d’un surinvestissement professionnel : tout se passe comme s’ils devaient en faire plus que les autres : pression du collectif de travail ? Pression exercée par et sur eux-mêmes, pour ne pas se faire remarquer, parce qu’ils estiment avoir la chance d’être en emploi ? Ils ne savent pas l’exprimer¨. Pour autant, le travail peut être une thérapie, mais l’entreprise n’est pas un lieu thérapeutique. On ne peut pas lui demander de tout réfléchir, la rendre responsable de tout : il y a nécessité d’une réflexion en commun de tous les acteurs de la santé et du travail, autour de l’entreprise : médecins hospitaliers, du travail, ergonomes, responsables RH, professionnels de l’insertion... pour construire des solutions
viables pour tous ».
Annick Montfort – Agefiph