Michelle J.

Atteinte de polyarthrose généralisée.

Mise à jour le 5/06/2015, par Lysianne - AFLAR

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Michelle J. (56 ans )

Atteinte de polyarthrose généralisée.

Rhizarthrose, Arthrose généralisée

Avec mon arthrose, les gestes simples de la vie quotidienne deviennent eux aussi compliqués
Par exemple, ouvrir un bocal, une bouteille d’eau, un flacon de détergent domestique équipé d’un bouchon de sécurité sont souvent impossibles.
Mon père et ma mère souffraient d’arthrose, d’arthrite, de rhumatismes, nous avons donc un lourd "héritage familial". Mes frères, ma soeur et moi-même sommes également touchés par cette pathologie.
Personnellement, je l’ai longtemps prise comme une fatalité, d’autant que nos anciens en parlaient ainsi. Nous avons toujours entendu, que ce n’étaient que des petits maux dûs à l’âge, par conséquent, il ne fallait surtout pas se plaindre sous peine de passer pour des faibles.
Pour ma part, j’ai une cyphose, hyper lordose, séquelles dorsales de sheueurmann, et un cadiscarthrose cervico-dorso-lombaire depuis mon plus jeune âge. Je n’ai pas le souvenir de ne pas avoir eu d’arthrose du dos, la douleur est ma compagne depuis si longtemps et cela ne s’arrange pas avec l’âge, bien au contraire.

En revanche, je commence vraiment à voir mon arthrose comme un handicap.
Je suis gênée au quotidien par des gestes simples. Aujourd’hui, je me bats pour faire accepter mon arthrose à mon entourage et je la revendique comme une maladie.
Depuis quelques temps avec la ménopause qui s’installe, je ressens de nouvelles douleurs d’arthrose dans les doigts et j’ai de la rhyzartrose dans les pouces.
Chaque nouvelle douleur se rajoute aux anciennes et c’est vraiment très dure à accepter
L’arthrose a un gros impact sur mes activités, il me faut être le plus mobile possible pour ne pas être "bloquée" c’est pourquoi, j’essaie de pratiquer de la marche douce.
En revanche, je ne pratique jamais de sports "violents".

On tait souvent la douleur pour ne pas passer pour quelqu’un qui se plaint et qui serait donc grincheux ou pénible.

Ce n’est pas évident de se dire qu’en plus, cela va aller sans doute en s’empirant avec l’âge.
Pour rester le plus possible autonome, je vais chez un kiné ainsi que chez un ostéopathe. Je pratique un peu de marche et je reproduis à la maison des exercices physiques appris chez le kiné, je me fais masser et je mets du chaud.
La nuit, je porte une minerve pour les cervicales et des orthèses pour les pouces, ainsi qu’une ceinture lombaire que je garde quelque fois la journée.
J’essaie aussi de travailler le mental en faisant de la sophrologie.
Entre les médicaments, la kiné, l’ostéopathie, les cures thermales, les crèmes et gel anti-inflammatoire, la phytopharmacie, les régimes alimentaires... et j’en passe, je n’ai absolument aucune idée du coût de ma maladie.

Il faut être pris en charge le plus tôt possible, être écouté par les médecins
Les médecins ne doivent surtout pas minimiser cette maladie, d’autant plus quand on est jeune, et ils doivent également faire comprendre aux patients qu’ils vont livrer une bataille quotidienne, mais que cette maladie n’est pas une fatalité. Il faut aussi s’informer et oser en parler autour de nous, bouger, varier les positions (ne pas pratiquer de postures trop longues, qu’elles soient assises ou debout) savoir se reposer quelques minutes, le dos à plat, et faire des étirements régulièrement. Mettre de la chaleur, surtout ne pas faire d’efforts à "froid", faire un petit échauffement des articulations avant les activités physiques.
La maladie pose des difficultés pour faire ses courses seule, car les caddies ne sont pas adaptés, mais si on prend les caddies "spéciaux", on est regardé de travers, car notre mal invisible n’est pas perçu comme un handicap.
Il y a également des difficultés pour se déplacer en train, les accès aux quais ne sont pas toujours dotés d’escalators et porter les bagages relèvent d’un challenge. Il faut s’organiser pour répartir le poids équitablement avec deux bagages moins pleins, mais c’est beaucoup plus encombrant. En voiture, un trajet "casse’ le dos, on doit s’arrêter souvent pour faire quelques pas. Les gestes simples de la vie quotidienne deviennent eux aussi compliqués comme ouvrir un bocal, une bouteille d’eau, un flacon de détergent domestique équipé d’un bouchon de sécurité sont par exemple impossibles à ouvrir pour ma part. De même, j’ai des difficultés aussi à ouvrir et fermer la serrure d’une porte.
Enfin, m’habiller, boutonner une veste, remonter mon pantalon et le fermer, sont des gestes compliqués à cause de ma rhizarthrose...