20 octobre 2011, Journée mondiale de l’ostéoporose

Encore et toujours trop de fractures !

mercredi 12 octobre 2011 par Jean-Noël

Ce 20 octobre marquera la Journée mondiale contre l’ostéoporose. Cette maladie, caractérisée par une baisse de la quantité et de la qualité d’os qui entraine un risque élevé de fractures, ne cesse de s’étendre. Pourtant bien des outils, tant diagnostiques que thérapeutiques, sont disponibles pour en réduire le fardeau. A l’occasion de cette journée organisée avec le soutien de l’OMS, l’Association française de Lutte anti-rhumatismale (Aflar) s’investit pour informer le public.

Depuis le 1er octobre, l’Aflar a ouvert une ligne téléphonique, « Allô Ostéoporose ». Au 0810 43 03 43 (Numéro Azur, prix d’un appel local depuis un poste fixe) des patients bénévoles formés à l’écoute répondent tous les jours de 9h à 17h, à toutes les questions qui leur sont posées. Toujours animée par le souci d’informer et de sensibiliser le plus grand nombre, l’Aflar a mis au point un document d’alerte. Intitulé « le voleur d’os », il présente les facteurs de risque de l’ostéoporose et un quizz permettant de faire le point sur cette maladie chronique.

PDF - 627.8 ko

Découvrez ce document en le téléchargeant ici, il sera distribué dans tous les cabinets de rhumatologie de France.

Les chiffres sont éloquents, et justifient s’il en était besoin, ce combat pour l’information et l’éducation du public. En effet selon le Groupe de Recherche et d’Information sur les Ostéoporoses (GRIO), « l’ostéoporose concerne 3 millions de femmes ménopausées en France, et touche une femme sur deux après l’âge de 60 ans. » Mais aussi ce que l’on sait moins, « l’ostéoporose frappe également un homme sur cinq. » A l’origine de plus de 130 000 fractures chaque année, cette maladie sournoise dont la fréquence augmente avec l’âge, a des répercussions notables et indéniables sur la qualité de vie et la mortalité.

L’ostéoporose se caractérise par une altération généralisée et progressive du tissu osseux, qui se fragilise. Avant la fracture, l’ostéoporose est silencieuse. En d’autres termes, elle passe inaperçue... jusqu’à ce qu’apparaissent les fractures (fractures du col du fémur, fractures vertébrales…) qui en sont la rançon, et en font une maladie douloureuse et invalidante. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) donne une définition très précise de la maladie : « l’ostéoporose est une maladie généralisée du squelette, caractérisée par une diminution de la densité de l’os et des altérations de leur structure entraînant une réduction de la résistance osseuse et donc un risque élevé de fracture ».

L’os, toujours en mouvement
L’os est un tissu vivant, qui se renouvelle toute la vie. Durant l’enfance et l’adolescence il se construit, le pic de masse osseuse étant atteint vers l’âge de 20 ou 25 ans. Même si l’hérédité joue un rôle important dans ce domaine, la pratique d’une activité physique régulière et une alimentation riche en calcium permettent d’optimiser la masse osseuse. Ensuite nous perdons un peu d’os, environ 0,5% par an, hommes et femmes confondus. A la ménopause cependant, aux alentours de la cinquantaine, la perte de masse osseuse s’accélère chez la femme et peut atteindre 3% par an. L’os devient alors plus fragile et le risque de fracture augmente. Dès que se manifeste la première fracture, il faut penser à l’ostéoporose.

Des facteurs de risque « modifiables »
Nous ne sommes pas tous égaux devant l’ostéoporose. Il existe des facteurs de risque dont certains sont inévitables, alors que d’autres peuvent être combattus. Ces facteurs de risque « modifiables » selon le GRIO, « trouvent essentiellement leur origine dans un déséquilibre du régime alimentaire ou de mauvais choix de mode de vie. Ils incluent une alimentation déséquilibrée, un indice de masse corporelle faible, des troubles de l’alimentation, l’abus d’alcool, le tabagisme et une activité physique insuffisante. » La plupart de ces facteurs de risque ont une influence directe sur les os et entraînent une baisse de la densité minérale osseuse.

A côté des ces facteurs dits modifiables, il y en a d’autres contre lesquels il est impossible de lutter. Ils doivent cependant être pris en considération pour évaluer le risque d’ostéoporose : l’âge, le sexe, les antécédents familiaux, un antécédent de fracture lors d’un traumatisme minime, l’ethnie. Une ménopause précoce (avant 40 ans), certaines maladies et certains traitements comme une corticothérapie prolongée, peuvent aussi fragiliser l’os et provoquer une ostéoporose.

L’ostéodensitométrie en pratique ?
Cet examen mesure la densité minérale osseuse (DMO) et permet d’évaluer la quantité d’os, dépistant ainsi les personnes qui présentent une ostéoporose, c’est-à-dire des valeurs trop faibles de densité osseuse, alors même qu’il n’existe aucun symptôme ni aucune fracture. L’OMS a défini la valeur seuil en dessous de laquelle le diagnostic d’ostéoporose est établi.

Une ostéodensitométrie est indiquée lorsqu’il existe des facteurs de risque d’ostéoporose ou des signes évocateurs de la maladie, plus précisément dans les cas suivants : • à la découverte ou à la confirmation radiologique d’une fracture vertébrale, en l’absence de facteurs traumatiques comme une chute ; • en présence d’antécédents de fracture survenue sans traumatisme, c’est à-dire à l’occasion d’un choc mineur ou d’une simple chute de sa hauteur ; • en cas de ménopause précoce ; • en cas d’antécédents parentaux de fracture du col du fémur ; • en présence de maladies ou d’antécédents de maladies inductrices d’ostéoporose comme l’anorexie ou l’hyperthyroïdie… ; • en cas de prise ou d’antécédents de prise de traitements susceptibles d’induire une ostéoporose : une corticothérapie au long cours, par exemple…

L’examen est remboursé par l’Assurance-maladie s’il existe des antécédents de fractures ou des facteurs de risque d’ostéoporose, aussi bien chez la femme que chez l’homme.

Il est évidemment essentiel de ne pas « passer à côté » du diagnostic de la maladie. En effet, il existe aujourd’hui des traitements qui ont prouvé leur efficacité, et de nouvelles molécules issues des biothérapies étofferont bientôt cet arsenal thérapeutique, améliorant ainsi la prise en charge des patients.

Il n’est jamais trop tôt pour prévenir, ni trop tard pour traiter l’ostéoporose. Cette maladie peut non seulement gâcher la vie de ses victimes, elle la raccourcit aussi : de 10 ans, en moyenne. Prenez conseil auprès de votre médecin.

Pour plus d’informations :
• Groupe d’Etudes et d’Information sur les Ostéoporoses (GRIO) : www.grio.org/
• International Osteoporosis Foundation (IOF) : www.iofbonehealth.org/

Source : L’ostéoporose, par le Dr Patrick Gepner aux Editions Odile Jacob - Sites de la Société française de Rhumatologie, du GRIO, de l’International Osteoporosis Foundation (IOF), de l’Assurance-maladie et de l’Aflar, consultés le 29 septembre 2011.


SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0