Changer de mode de vie, d’alimentation, pratiquer une activité physique et sportive, engager un travail avec un psychologue… À partir de deux exemples, l’insomnie et la prise en charge des risques cardio-vasculaires, ce rapport d’orientation de la HAS a confirmé l’hypothèse, émise par le ministère de la Santé, d’un faible recours aux thérapeutiques non médicamenteuses, pourtant recommandées par les agences sanitaires et les sociétés savantes. « Les freins sont liés à la représentation que se font médecins et patients de l’importance du médicament dans le traitement, mais aussi à l’investissement personnel et financier que ces thérapeutiques demandent souvent au patient », explique Clémence Thébaut, chef de projet au sein du service évaluation économique et santé publique de la HAS. Autres obstacles : la méconnaissance de ces thérapeutiques par les professionnels de santé qui n’y sont pas assez formés, des données d’efficacité clinique pas toujours suffisamment étayées, le manque de professionnels spécialisés (diététiciens par exemple) dans certains territoires et un reste à charge financier important pour les patients.
Côté propositions, la HAS suggère de tester l’impact de nouvelles formes de rémunération en ce sens. « L’objectif serait d’identifier les modalités permettant d’inciter les médecins à consacrer le temps nécessaire à ce type de prescription. » Il faudrait aussi une meilleure visibilité de l’efficacité comparative et de l’efficience de ces thérapeutiques non médicamenteuses dans l’arsenal thérapeutique. Plus prosaïquement, les rédiger systématiquement sur l’ordonnance au même titre que les médicaments permettrait de les « officialiser ».
Au final, il s’agit bien de « changer de regard sur la notion de traitement au profit d’une conception plus large, où les prises en charge médicamenteuses et non médicamenteuses sont perçues comme complémentaires ».
Sources : http://www.has-sante.fr
