Polyarthrite rhumatoïde : intérêt de l’éducation préventive Paris Match, Match Santé, semaine du 10 novembre, www.parismatch.com
Le 28 novembre aura lieu à l’Unesco le forum « Arthrites, arthrose, ostéoporose : dernières avancées », ouvert gratuitement au public. Interviewé par Paris-Match, le Pr Maxime Dougados, chef de service de rhumatologie à l’hôpital Cochin, souligne l’intérêt d’une nouvelle approche en rhumatologie, l’éducation préventive. Elle est particulièrement indiquée dans les cas de polyarthrite rhumatoïde, une pathologie auto-immune qui, sans prise en charge adaptée, évolue par poussées entraînant des déformations articulaires, à l’origine de handicaps importants. Un patient instruit « saura reconnaître un état inflammatoire, pourra l’évaluer et comprendre la nécessité de suivre à la lettre son traitement de fond pour empêcher ces déformations ». Il saura également mieux se protéger des maladies associées, comme les pathologies cardiovasculaires et infectieuses qui nécessitent de surveiller régulièrement sa tension artérielle, son taux de cholestérol, de glycémie et son poids, de se faire vacciner annuellement contre la grippe et, tous les cinq ans, contre le pneumocoque. Le patient peut désormais évaluer lui-même son état inflammatoire grâce à un nouvel outil, « une petite calculatrice dans laquelle le malade entre des informations, tel le nombre d’articulations douloureuses ou tuméfiées... L’ensemble des données est mesuré par un seul chiffre, l’indice DAS : s’il est supérieur à 3,2, la maladie est toujours en activité ». Ces renseignements recueillis par le médecin à chaque consultation permettent également de mieux adapter le traitement. Le programme d’éducation contre la polyarthrite rhumatoïde est aussi assuré par des centres créés dans des services hospitaliers de rhumatologie et dans certains établissements de cures thermales. On y propose des « cours d’économie articulaire » pour apprendre à protéger ses articulations en cas de poussée inflammatoire et limiter les dégâts sur le cartilage, les tendons et les os. Le malade est invité à s’initier à des exercices physiques spécifiques pour chaque type d’atteinte articulaire. Enfin, il peut participer à des thérapies de groupe, conduites par un psychologue, pour parler librement de sa maladie.