L’OSTEOPOROSE N’EST PAS UNE FATALITE

par le Pr Liana Euller Ziegler

lundi 15 mars 2010 par Jean-Louis Szymczak

Comment préserver son capital osseux et éviter les fractures - Pr. Liana EULLER-ZIEGLER

Problème majeur de Santé Publique, l’ostéoporose se définit par une diminution de la masse osseuse et des anomalies de la qualité du tissu osseux exposant à une fragilité osseuse accrue et à un risque augmenté de fractures. Elle expose pour des traumatismes minimes à des fractures (poignets, vertèbres, col du fémur, au total plus de 150 000 en France chaque année) dont les conséquences peuvent être graves sur le plan fonctionnel (douleurs, handicap, altération de la qualité de la vie) et même vital. 40% des femmes de 50 ans (et 14% des hommes) auront avant la fin de leur vie une fracture ostéoporotique Cette maladie fréquente et potentiellement grave est appelée « épidémie silencieuse » car elle est inapparente avant la fracture. L’ostéoporose doit donc être diagnostiquée et traitée précocement. On dispose pour cela de moyens d’efficacité prouvée.

Notre capital osseux, que nous construisons pendant l’enfance et l’adolescence, diminue ensuite au fur et à mesure que nous vieillissons, avec accélération de la perte osseuse à la ménopause.

Des mesures simples d’hygiène de vie, activité physique régulière (surtout en charge) adaptée à l’âge, alimentation équilibrée avec apports suffisants en calcium et en protéines, sont bénéfiques pour le capital osseux aux différents âges de la vie. Informez-vous et agissez !

Les facteurs de risque d’ostéoporose doivent être bien connus : sexe féminin, avancée en âge, carence oestrogénique de la ménopause (surtout précoce ou chirurgicale, notamment en l’absence de traitement substitutif), maigreur, ration calcique insuffisante, tabagisme, alcoolisme, sédentarité (a fortiori immobilisation prolongée), notion de fracture du fémur chez la mère ou la grand-mère, prise de médicaments nocifs pour le squelette (par exemple corticothérapie prolongée), certaines maladies endocriniennes, digestives, rhumatismes inflammatoires…Les personnes « à risque » doivent consulter leur médecin pour bilan personnalisé. La survenue d’une première fracture multiplie le risque d’en faire de nouvelles. Ainsi, une fracture du poignet après la ménopause constitue un signal d’alarme et toutes les femmes qui en sont victimes devraient bénéficier d’un bilan médical d’ostéoporose.

La survenue d’une première fracture multiplie le risque d’en faire de nouvelles. Ainsi, une fracture du poignet après la ménopause constitue un signal d’alarme et toutes les femmes qui en sont victimes devraient bénéficier d’un bilan médical d’ostéoporose.

L’ostéodensitométrie permet d’apprécier la diminution de la densité minérale osseuse, notamment au niveau vertébral et fémoral, pour guider la prise en charge ; le remboursement de cet examen simple est en attente… Un nouveau projet mondial d’évaluation du risque fracturaire (incluant en outre notamment la mesure des marqueurs du remodelage osseux et la survenue de fracture antérieure) est en cours de validation par l’OMS, l’IOF et la Fondation Nationale Ostéoporose des USA.

On dispose de traitements d’efficacité anti-fracturaire prouvée ; outre la supplémentation vitamino-calcique, les SERMs et les bisphosphonates, prescrits de façon personnalisée, sont couramment utilisés. De nouveaux médicaments apparaissent (Teriparatide) ou vont apparaître (Ranelate de Strontium) sur le marché.

Enfin, la prévention des chutes est également très importante : bilan personnalisé, correction des troubles de la vue, de la marche, traitement d’affections neurologiques ou cardiovasculaires…, adaptations médicamenteuses éventuelles, chaussage correct, aménagement de l’environnement (attention aux pièges du domicile), exercices pour l’équilibre, entretien de la souplesse des articulations et de la tonicité musculaire.

Au total, les fractures ostéoporotiques ne sont pas une fatalité. L’idéal est la prévention, à laquelle participent des mesures simples d’hygiène de vie, mais il n’est jamais trop tard pour agir, même si le plus tôt est le mieux. Demandez conseil à votre médecin. L’ostéoporose est une priorité de Santé Publique reconnue, notamment par la Loi de Santé Publique en France ainsi que par l’Organisation Mondiale de la Santé et la « Bone & Joint Decade ». Un Plan d’Action Européen a été présenté en juin 2003 au Parlement Européen à Bruxelles

[( En résumé, les fractures ostéoporotiques ne sont pas une fatalité : informez-vous pour protéger votre capital osseux :
- mangez équilibré, avec calcium( 1200 mg / jour) et protéines
- marchez ! l’exercice est bon pour vous et pour vos os
- êtes-vous « à risque » ? si oui : consultez votre médecin
- fracture après la ménopause : bilan d’ostéoporose à faire
- des traitements anti-fracturaires efficaces existent
- si l’idéal est la prévention, il n’est jamais trop tard pour agir
- attention aux chutes : évitez les pièges de la maison
)]

* Présidente d’honneur de l’AFLAR Présidente du Conseil Scientifique de l’AFLAR Membre du Comité de Pilotage International de la Bone and Joint Decade, Membre du Comité de travail européen sur l’ostéoporose (EU Policy Project) Service de Rhumatologie, CHU de Nice, Hôpital de l’Archet – BP 3079 – 06202 Nice Cedex 3 - France



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