5e édition de l’Observatoire sociétal du médicament

Mise à jour le 17/06/2015, par Cédric - AFLAR

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Pour la 5e année consécutive, le Leem livre, au travers de son Observatoire sociétal du médicament(1), une analyse détaillée de la perception et du rapport des Français au médicament.


Cette année, l’enquête s’est concentrée sur plusieurs indicateurs clés de la relation des Français au médicament : leur confiance dans le produit et dans les entreprises du secteur, leur niveau d’information, leur appréhension des risques.

Un contexte général un peu plus favorable

Même si les Français sont parmi les plus moroses concernant la situation économique de leur pays (seulement 10 % d’entre eux estiment qu’elle est bonne2), certains indicateurs montrent qu’ils sont un peu moins pessimistes en 2015. L’indice de confiance des ménages et la perception du niveau de vie futur en France progressent.
Dans le même temps, les controverses sur le médicament, qui avaient affecté les résultats de l’Observatoire 2014, ont été beaucoup moins présentes début 2015.

Dans leur grande majorité, les indicateurs de confiance retrouvent leur niveau de 2013

Le niveau de confiance des Français dans le médicament en général remonte à 85 % (+ 10 points) et revient à un niveau proche de celui des années précédentes, après la chute enregistrée en 2014 (- 12 points).
Le médicament dispose aujourd’hui d’un capital de confiance solide auprès de la population, particulièrement chez les 60 ans et plus (90 % de confiance) davantage utilisateurs que les plus jeunes (79 % de confiance chez les 18-24 ans et 80 % chez les 25-34 ans). Plus encore, c’est parmi les personnes les plus exposées aux maladies que les médicaments bénéficient des niveaux de confiance les plus élevés : 93 % pour les personnes souffrant d’une affection longue durée ; 93 % également pour celles qui prennent des médicaments tous les jours.
La hausse de la confiance s’applique à tous les types de médicaments sauf aux vaccins, dont le niveau reste stable :

  • + 5 points pour les médicaments sur ordonnance (93 % des Français disent avoir confiance en eux) ;
  • + 6 points pour les médicaments remboursés (92 %) ;
  • + 6 points pour les médicaments de marque (89 %).

Elle bénéficie aussi :

  • aux médicaments sans ordonnance (73 %, +7 points) ;
  • aux médicaments non-remboursés (75 %, +7 points) ;
  • et dans une moindre mesure aux génériques (68 %, + 2 points). Les vaccins font figure d’exception. La confiance reste – certes – très majoritaire (71 % des Français leur font confiance) mais elle stagne dans un contexte pourtant favorable à l’ensemble des médicaments. Près d’un Français sur trois (29 %) affirme toujours ne pas avoir confiance dans les vaccins. Ce cas particulier de défiance est d’autant plus préoccupant qu’il touche toutes les catégories sociales et démographiques (âge, niveau d’éducation, niveau de revenu, profession…).

Les Français, en attente d’information, font confiance aux professionnels et à la notice pour les informer

Au moins six Français sur dix se déclarent mal informés sur le médicament, quel que soit le sujet abordé. On note même une détérioration en ce qui concerne les effets secondaires : 62 % des Français se déclarent mal informés (+ 7 points).
Même s’il reste toujours minoritaire, le sentiment d’information progresse néanmoins dans certains domaines :

  • la sécurité des médicaments : 30 % des Français s’estiment bien informés (+ 6 points vs 2014),

1. Etude Ipsos pour le Leem, réalisée auprès de 1 010 personnes, interrogées par Internet entre le 23 février et
le 31 mars 2015 (échantillon âgé de 18 ans et plus, représentatif de la population nationale).
2. Enquête Global @dvisor – mars 2015 : enquête mensuelle Ipsos réalisée on line dans 25 pays

  • la procédure d’autorisation de mise sur le marché : 20 % (+3 points),
  • le fonctionnement de la recherche dans le domaine des médicaments : 20 % (+ 3 points).

L’efficacité des médicaments demeure le sujet sur lequel les Français se considèrent les mieux informés (39 %). A l’inverse, 15 % seulement de la population s’estime bien informée sur les essais cliniques avant la mise sur le marché d’un nouveau médicament et 11 % sur la manière dont le prix des médicaments est fixé.
Dans ce contexte de déficit ressenti d’information, le grand public continue de plébisciter les professionnels de santé de proximité pour les informer sur les médicaments : en premier lieu, les médecins traitants (95 % de confiance), suivis, au coude-à-coude, par les infirmières (91 %) et les pharmaciens (90 %).
La notice des médicaments jouit toujours d’une forte crédibilité en matière d’information : 87 % des Français lui font confiance soit 3 points de plus qu’en 2014. C’est un outil de réassurance important quel que soit le type de médicament : avec ordonnance (90 %) ou sans ordonnance (91 %), princeps (91 %) ou générique (92 %).
En termes de crédibilité, les laboratoires pharmaceutiques se situent, quant à eux, à 49 % (+ 6 points vs 2014), au même niveau que les livres publiés sur les médicaments (49 %) et légèrement devant les lanceurs d’alerte (45 %).

Les Français redoutent les maladies sans traitements et les interactions médicamenteuses

Quand on les interroge sur les risques qu’ils redoutent le plus, les Français répondent majoritairement avoir peur de souffrir un jour d’une maladie dont on ne connaît pas le traitement (65 %), avec une crainte particulière exprimée à l’égard de la résistance aux antibiotiques (60 %). Puis viennent les interactions médicamenteuses : 61 % des Français craignent de devoir prendre un grand nombre de médicaments et redoutent des risques d’interactions ; 50 % ont peur de mélanger des médicaments qui ne vont pas ensemble. Six Français sur dix qui ont encore un de leurs parents ou grands-parents affirment d’ailleurs faire attention aux médicaments pris par leurs parents et près d’un sur deux par leurs grands-parents.

L’image des entreprises du médicament repose essentiellement sur la confiance dans le « produit »

61% des Français déclarent avoir confiance dans les entreprises du médicament, soit une hausse de 4 points, qui replace la confiance dans le secteur à son niveau de 2013 (62%). Le médicament conserve ainsi le 4e rang dans le classement des principaux secteurs dans lesquels les Français ont confiance, derrière l’aéronautique (76 %), l’automobile (69 %) et le bâtiment (63 %), mais devant les télécommunications (52 %), la grande distribution et l’agro-alimentaire (42 %), le nucléaire (39 %), le pétrole et la banque (31 %).
Dans le détail, l’image du secteur s’améliore sur la quasi-totalité des indicateurs d’image proposés.
En positif, les entreprises du médicament sont perçues comme « utiles » (87 %, + 2 points), « à la pointe du progrès » (81 %, + 2 points) et « efficaces » (78 %). Ces items sont directement rattachés à la contribution médicale et à l’efficacité des produits que les Français connaissent concrètement et personnellement puisque près d’une personne sur deux déclare prendre chaque jour un médicament (hors pilule contraceptive).
En revanche, dans un contexte d’accumulation de controverses sur le médicament en France depuis 2011, des marges de progression demeurent sur la perception des items plus « corporate » : en effet seule une minorité des Français estime que les entreprises du médicament sont éthiques (37 %) et transparentes (18 %).
Enfin, quand ils regardent vers le passé, 72 % des Français estiment que les médicaments se sont améliorés au cours des 20 dernières années. Aussi les Français distinguent-ils clairement le « produit » médicament et la confiance qu’ils lui accordent, des « entreprises » du médicament qui le développent, mais qu’ils connaissent peu ou uniquement au travers des polémiques publiques.

« Cette nouvelle édition de l’Observatoire sociétal du médicament nous renforce dans certaines de nos convictions, analyse Patrick Errard, Président du Leem. Il apparaît notamment que les Français sont en attente d’une information de qualité sur le médicament, et que l’attitude de chacun à l’égard de son traitement dépend pour beaucoup du niveau d’information qui lui est donné. Il y a un besoin de clarté, mais aussi d’engagement, et des initiatives comme celle que nous menons depuis le début de l’année en matière de lutte contre la iatrogénie médicamenteuse chez les personnes âgées, sont assurément à même de renforcer le bon usage de ces traitements et de réduire les accidents, tout en élevant le niveau de compréhension – et donc de confiance – des patients à l’égard de leurs médicaments. »

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