Retour sur le congrès de la SFR 2014

Mise à jour le 12/03/2015, par Cédric - AFLAR

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ETP : Annonce diagnostique, la minutes éternelle.
Pratiques professionnelles et ETP : quelques conseils aux praticiens.
Laurence Carton, Secrétaire Générale de l’AFLAR, a assisté à la session du 27éme Congrès de la SFR lors de ces cessions ETP.
Elle nous livre un résumé de chaque intervention !


Dr Giraudet-Lequintrec, Hôpital Cochin (Paris)

L’annonce est une minute éternelle, parole qui s’engage et instant dont on se souvient, sorte de baptême, une souffrance morale, et le rappel possible des blessures anciennes, une nouvelle étape...vers un renouveau. Elle cause souvent un sentiment d’injustice, une anxiété et l’incertitude de l’avenir, une perte d’image.
C’est aussi une rupture d’équilibre avant-après qui brise le projet de vie.
Il y a plusieurs annonces : des possibilités et incertitudes liées au projet de traitement, et penser aux annonces que le malade fera aux bien-portants.
L’acceptation est une intégration, un apprivoisement. Chocs, refus, révolte, négociation, réflexion, appropriation sont des mots qui décrivent les étapes de l’acceptation.
L’annonce provoque un apprentissage accéléré : le métier de malade.
La réaction est imprévisible : soulagement paradoxal ou dramatisation. La réaction n’est pas proportionnelle à la gravité de la maladie telle qu’estimée par le médecin.
"Le regard des autres est à l’image de celui que l’on a sur soi-même" et "ne pas ajouter du pire au pire" sont des principes.
Il faut préparer l’annonce par des questions de dialogue, évaluer la représentation qu’a le malade au sujet de la maladie et demander les besoins ressentis en information.

Dr E.Bergé, Hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val de Marne)

Il existe des recommandations de la HAS 2014 : "Annonce et accompagnement du diagnostic de patients affectés d’une maladie chronique".
Vu du rhumatologue, l’annonce est facile quand le diagnostique est facile...
L’attitude du patient guide le rhumatologue sur la conduite à adopter pour l’annonce.
Il faut d’abord prévoir un rendez vous rapide avec examen. A l’annonce, on peut opter pour une révélation progressive, décrire les traitements et rassurer autant que possible sur l’avenir.
Il y aura plusieurs annonces qui vont se multiplier, par exemple l’annonce du traitement, les co-morbidités...
L’annonce est difficile selon plusieurs situations : diagnostique difficile, personne jeune, proximité d’une grossesse passée ou prévue, temps trop rapide, absence d’organicité de la maladie.
Vu du patient, il demande du temps et se trouve soulagé de l’annonce car le diagnostique signifie une perspective de traitement, même si l’annonce reste toujours un choc : le patient vient chercher une pilule miracle mais apprend une catastrophe... Il faut éviter les leçon d’anatomie.
Il craint quelque fois encore plus la réaction des proches à l’annonce qu’il va faire à son tour : il doit s’armer pour le dire aux proches et autres en général. Il apprécie d’être guidé vers des sites fiables, des associations... et bien sûr l’Éducation Thérapeutique (ETP).

Dr S.Guillaume-Szitrom, Hôpital du Krenlin-Bicêtre - Équipe "Rhumajie" en charge de l’arthrite juvénile idiopathique

En rhumatologie pédiatrique, la consultation est plus longue, car c’est en trio (avec les parents) qu’est joué la partition.
Il faut faire attention à l’errance du diagnostique dans les arthrites de l’enfant, elle alourdit le processus d’annonce, il faut en tenir compte et faire dire cette errance par les parents.
L’annonce du diagnostique est à la fois attendue et redoutée, ce qui créé l’ambivalence dans l’attitude du patient.
Des temps d’écoute, d’analyse sémiologique et de synthèse doivent être respectés.
Si l’annonce se passe mal, la relation est rompue, il vaut mieux passer à un collègue une annonce difficile que de persister dans la démarche. Il faut rester positif et rassurant sans excès, passer par ces traitements permet d’ouvrir sur le positif de l’annonce de la maladie.
Il n’est pas obligé de parler de chronicité, mais plutôt de poussées successives, de maladie itérative avec des hauts et des bas...qui atténue l’incurabilité et le sentiment de fatalité.
Il ne faut pas trop entrer dans le détail, on sait que seulement 10% est retenu. Il faudra d’autres rencontres pour compléter les informations.
L’indication de ressources ouvre sur le positif : moyens d’information comme les blogs (mais mettre en garde sur les limites)

Pr Anne-Christine Rat, Université de Lorraine, Nancy : l’auto-évaluation formative à l’annonce

Il est difficile d’évaluer la qualité d’une pratique professionnelle d’annonce.
Plan Buckman :
Certains critères sont classiquement reconnus.

  • Préliminaires (préparation : lieu, moment, temps, présence éventuelle du proche...)
  • Que sait le patient (l’interroger) ?
  • Communiquer avec pédagogie et contrôler la compréhension.
  • Ouvrir sur l’avenir.

"Competence scale et Communication Assessment Tool" est elle destinée à une évaluation par le malade dans le même but ?
La posture et les techniques communicationnelles peuvent être l’objet d’auto-évaluation et de formation après le choix des items. Plus qu’une évaluation (questions en oui-non sur l’attitude), c’est un outil de réflexion qui permet de s’interroger sur ses propres pratiques. Il a été ainsi crée par son laboratoire une auto-formation on-line, progressive item par item. cet outil sera cependant difficile à évaluer.
Il s’agit d’un outil novateur en formation continue ou dans la mesure où toutes les facultés de médecine n’enseignent pas la posture d’annonce de la maladie chronique.