en marge du congrès de la Société française d’étude et de traitement de la douleur, la SFETD, douze sociétés savantes, organisations professionnelles et associations de patients ont proposé 22 actions concrètes pour améliorer la prise en charge de la douleur en France, parmi lesquelles la pratique avancée infirmière. Les chiffres sont parlants. Parmi les 12 millions de français, soit plus de 20 % de la population, concernés par la douleur chronique en France, 70 % ne reçoivent pas le traitement approprié, seuls 3 % ont accès à une structure douleur. Les retards de prise en charge liés à l’insuffisance de moyens et de formation des professionnels de santé aggravent leur situation, apportant souvent des réponses trop tardives pour être efficaces. Le surcoût de ce déficit de prise en considération et de l’errance médicale des patients est estimé à 1,2 milliards d’euros par an.
Face à ce constat, la SFETD et les douze sociétés savantes, organisations professionnelles et associations de patients ont élaboré 22 propositions, véritable base d’élaboration d’un nouveau plan douleur. L’objectif est de reprendre l’élan politique et sanitaire qui avait porté ce réel problème de santé publique de 1998 à 2010. Les actions proposées sont réparties en cinq axes majeurs : amélioration de la reconnaissance sociétale de la douleur, renforcement de la formation des professionnels de santé et des patients, pérennisation des structures douleur chronique (SDC), organisation du parcours de soins du patient douloureux, amélioration de la prise en charge des publics vulnérables. Elles concernent le grand public, les professionnels de santé et les politiques. |
Du côté des professionnels, on peut retenir la nécessité de renforcer la formation des médecins, bien sûr, mais aussi celle des infirmiers. La demande de reconnaissance d’une pratique avancée pour les infirmières ressource douleur, spécifiquement formées depuis la création de ces postes dans le cadre du programme de lutte contre la douleur (2002-2005) pourrait être renforcée et développée. Ceci afin de répondre aux besoins considérables de réponses multimodale à offrir dans tous les secteurs d’activités de soins et à tous les âges. |
Une attention particulière est portée aux publics les plus vulnérables, en raison de leur âge (jeunes enfants comme personnes âgées), de leur condition (précarité, troubles mentaux, handicap) pour lesquels il reste beaucoup à faire tant dans le domaine du dépistage et de l’évaluation des douleurs que de la mise en œuvre et l’efficience des traitements.
Pascale Thibault avec la collaboration de Laurent Mathieu, Iade, trésorier adjoint de la SFETD









