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Les mains ne sont pas épargnées par l’arthrose. La rhizarthrose qui correspond à l’atteinte de l’articulation trapézométacarpienne est la plus fréquente, devant les localisations interphalagiennes notamment distales. La rhizarthrose qui est le plus souvent idiopathique peut devenir invalidante au gré poussées évolutives, mais le traitement médical s’avère efficace dans environ 75 % des cas.

Le port d’une orthèse, les antalgiques ou anti-inflammatoires prescrits raisonnablement mais aussi les infiltrations intra-articulaires d’acide hyaluronique ou de corticoïdes effectuées sous contrôle radiographique sont autant de solutions qui permettent d’améliorer les symptômes. Le recours aux infiltrations de corticoïdes est cependant l’objet de recommandations qui ne font pas totalement consensus, en l’absence d’études de grande envergure. Il est cependant fortement conseillé d’en faire un usage modéré dans la pratique courante.

Plus de 18 000 patients infiltrés

Une étude d’observation britannique a eu pour objectif d’estimer la fréquence des complications sérieuses et l’évolution clinique à la suite d’infiltrations intra-articulaires de corticoïdes chez des patients atteints d’une rhizarthrose symptomatique. Toutes les complications potentielles ont été prises en compte, y compris le risque d’infection postopératoire dans le cas où la rhizarthrose a conduit à une indication chirurgicale. Les informations nécessaires ont été obtenues à partir d’une des bases de données du NHS, pour la période allant du 1er avril 1998 au 31 Mars 2017. Les patients ainsi identifiés ont pu être suivis de manière prospective jusqu’à la dernière date ou jusqu’à leur décès. Les facteurs associés à l’évolution clinique ont été pris en compte dans le cadre d’une analyse multivariée par régression selon le modèle de Fine and Gray avec ajustements en fonction de l’âge, du sexe, du statut socio-économique mais aussi du risque compétitif de décès.

Et très peu de complications

C’est ainsi qu’ont été passées en revue 19 120 infiltrations primaires réalisées chez 18 356 patients (âge moyen 62,0 ± 10,6 ans ; femmes : 76,5 %), en l’espace de 19 années. Plus d’une fois sur deux (50,48 %), l’infiltration a été suivie d’une autre thérapeutique, incluant dans 22,4 % des cas, un traitement chirurgical à distance du geste initial (délai médian 412 jours ; écart interquartile 110–1 945). Cette éventualité s’est avérée plus fréquente chez la femme. La fréquence des complications jugées sérieuses survenues dans les 90 jours qui ont suivi l’infiltration princeps a été estimée à 0,04 % (0,01–0,08). En cas d’intervention chirurgicale, une infection de la plaie opératoire est survenue dans 0,16 % (0,06–0,34) des cas entre le 30ème jour et le 90ème jour : une fréquence faible mais légèrement supérieure à celle constatée globalement avec ce type d’intervention, soit 0,03 % (0,02–0,05) sans atteindre le seuil de signification statistique.

Cette vaste étude de cohorte britannique qui porte sur plus de 18 000 patients souligne l’extrême rareté des complications sérieuses survenant dans les suites d’une infiltration intra-articulaire de corticoïdes réalisée pour une rhizarthrose symptomatique. Dans cette série, l’indication chirurgicale n’en a pas moins été posée plus d’une fois sur cinq dans l’année qui a suivi, le plus souvent chez des femmes. Il ne faudrait pas pour autant conclure à l’innocuité de la répétition de telles infiltrations dont l’usage doit rester ponctuel pour se conformer aux recommandations actuellement en vigueur.

 

Dr Philippe Tellier

Référence

Lane JCE et coll. Low rate of subsequent surgery and serious complications following intra-articular steroid injection for base of thumb osteoarthritis: national cohort analysis. Rheumatology 2021 (27 janvier) : publication avancée en ligne le 27 janvier. doi.org/10.1093/rheumatology/keaa925.

Docteur Laurent Grange MD, PhD

Praticien Hospitalier
Adjoint de la présidence de CME en charge des relations publiques et internationales des relations usagers, du mécènat/ fond de dotatio de l’ environnement. / developpement durable

Président de l’AFLAR
Chef de pôle adjoint du PALCROS
(Pôle Appareil Locomoteur, Chirurgie Réparatrice et Organes des Sens)
Service de Rhumatologie
CHU de  Grenoble Alpes  CHUGA/Hôpital Sud
Pôle PALCROS
Tél. +33 (0)4 76 76 51 36
lgrange@chu-grenoble.fr

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