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27
Nov

L’arthrose touche 18,5% de la population en Belgique. Cette maladie articulaire se caractérise par une destruction du cartilage qui s’étend à toutes les structures de l’articulation. Et si on s’y intéresse aujourd’hui, c’est parce que l’enquête Stop-Arthrose II, initiative de l’AFLAR (Association Française de Lutte Anti-rhumatismale) et de la Fondation belge de l’Arthrose (qui a initié "la journée mondiale de l’arthrose") a été présentée en ce début de semaine.

Cette étude est une première en Belgique, mais comme le suggère le titre du rapport, un deuxième volet en France, où la première édition avait eu lieu en 2013. Près de 3500 patients Français et Belges, avec un diagnostic rapporté d’arthrose, ont participé à l’enquête entre le 12 septembre 2019 et le 1er janvier 2021. Notons qu’elle s’est déroulée pendant la pandémie et cela a d’ailleurs permis de recueillir des informations supplémentaires sur la maladie. Les personnes ont pu livrer les principales répercussions de l’arthrose sur leur qualité de vie, mais aussi expliquer les besoins et attentes en matière de prise en charge.

L’ARTHROSE EN QUELQUES MOTS

L’arthrose est une maladie dégénérative extrêmement fréquente où la destruction du cartilage s’étend à toutes les structures de l’articulation. On répertorie désormais 4 origines principales de la maladie : le vieillissement, l’origine métabolique, post-traumatique (après un accident, par exemple) et génétique.

En France, elle est la seconde cause d’invalidité. On pense souvent qu’elle ne touche que les personnes âgées, or ce n’est pas toujours le cas, selon l’enquête Stop-Arthrose II, plus d’un tiers des patients interrogés avait des douleurs avant l’âge de 40 ans. Selon les prévisions, 23% de la population française pourrait souffrir d’arthrose en 2030 contre 17% actuellement. En cause : le vieillissement de la population, mais aussi “l’épidémie d’obésité qui s’installe en France”, explique le docteur Laurent Grange, médecin rhumatologue au CHU de Grenoble.

En Belgique, une enquête de 2008 montre qu’un peu plus de 13% de la population souffrait d’arthrose. Il y avait deux fois plus de femmes que d’hommes touchés par la maladie.

Autre constat réalisé à l’époque, les déclarations de souffrance liées à cette pathologie dépendent de la classe sociale et surtout du niveau de scolarisation. Le Professeur Yves Henrotin, docteur en kinésithérapie et réadaptation fonctionnelle, thérapeute manuel, fondateur et président de la Fondation Arthrose évoque quelques mécanismes pour expliquer ces liens : “la prise en charge, l’autogestion qui demande une certaine instruction, il y a aussi l’accès à l’éducation physique dispensée par les écoles […] on a là déjà une piste pour améliorer les choses, c’est d’améliorer aussi le niveau d’éducation et de scolarisation des personnes.”

LA PRISE EN CHARGE
Activité physique et exercices de renforcement musculaire

La prise en charge non médicamenteuse est fondamentale. Le Professeur Yves Henrotin rappelle que la première chose à faire lorsque l’on souffre d’arthrose et qu’on est en surcharge pondérale, c’est de perdre du poids. En précisant qu’il est important d’associer à cette perte de poids de l’activité physique et surtout des exercices de renforcement musculaire à réaliser tous les jours, à une certaine intensité et encadrés, si possible, par un professionnel de la santé.

Des solutions existent aussi pour rendre les activités quotidiennes moins douloureuses, comme, des chaussures ou des semelles adaptées, mais aussi surélever les chaises, les toilettes. Les cures thermales peuvent aussi aider (elles sont remboursées en France, pas en Belgique) ainsi que l’acupuncture.

Selon ce docteur en kinésithérapie et réadaptation fonctionnelle, les solutions pharmacologiques ne doivent être utilisées que pour faciliter l’activité physique, le renforcement musculaire, etc. et en aucun cas pour les suppléer.

 

 

 

 

 

Médicaments

L’arthrose fait mal, raison pour laquelle on prescrit des antalgiques ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Les opioïdes peuvent aussi aider, mais en tenant comptent des risques. D’autres solutions existent comme, par exemple, des infiltrations de cortisone ou encore des compléments alimentaires à base d’extraits de curcuma, etc.

Des solutions existent donc, pharmacologiques et non pharmacologiques, pour traiter l’arthrose. Des traitements : “qui ont une efficacité, c’est vrai, faible à modérée. Mais c’est en associant plein de choses […] qu’on va améliorer la qualité de vie des patients”, résume le Docteur Laurent Grange.

 

L’ENQUÊTE STOP-ARTHROSE II ET LA PANDÉMIE

La pandémie de coronavirus a été déclarée quelques mois après le début de l’enquête. Cela a permis d’étudier trois périodes : avant – confinement – pendant – la crise du coronavirus. Et ce qui a été observé, c’est une dégradation du moral et de l’état de la santé générale des patients lors du premier confinement strict, mais aussi une augmentation de l’intensité de la douleur.

Ces dégradations transitoires, le Professeur Yves Henrotin les explique par une probable diminution de l’activité physique, une prise de poids et une modification alimentaire, un isolement des patients et enfin plus de stress professionnel et familial. Pour le Dr Laurent Grange, l’analyse de ces données montre l’importance du premier traitement de l’arthrose qui est de “bouger de manière adaptée”.

 

QU’A-T-ON APPRIS EN 8 ANS ?

La première enquête de ce type a été réalisée en 2013 en France. Huit ans plus tard, le constat est pratiquement similaire. Peu ou pas d’améliorations ont été constatées sur l’ensemble des points de ce rapport, notent les experts.

Une grande majorité des patients interrogés espèrent toujours une diminution de la douleur, voire une disparition et retrouver de la mobilité au niveau des articulations.

3/4 des personnes manquent d’informations claires sur la maladie. Ces derniers cherchent des façons pratiques pour améliorer leur quotidien.

65% veulent un meilleur suivi médical.

L’analyse des données permet aussi de mettre en lumière l’impact de l’arthrose sur la vie de famille et professionnelle, mais aussi pour une personne sur quatre, sur la vie de couple avec des conséquences sur la vie sexuelle.

La qualité du sommeil se dégrade pour 68% des patients. Ce dernier point influence évidemment l’état de fatigue physique et moral.

L’impact sur le moral

L’impact sur le moral des personnes atteintes d’arthrose est toujours aussi important (81%) avec une dégradation de l’image de soi, explique l’étude. Notons que rares sont ceux qui consultent une ou un psychologue. Céline Mathy, psychologue et administratrice déléguée de la Fondation Arthrose se pose d’ailleurs la question : “Si le parcours actuel du patient le fait passer chez le médecin, le kinésithérapeute, le rhumatologue, pourquoi ces professionnels de santé ne suggèreraient-ils pas à leur patient un passage également chez le psychologue ?”

L’image de soi en prend aussi un coup avec plus de 3 patients sur 10 qui se disent frustrés face aux changements provoqués par la maladie.

 

 

 

 

 

LA DOULEUR

La douleur est certainement l’un des éléments qui caractérise l’arthrose et cela depuis les premières consultations des patients. Elle concerne 9 patients sur 10. Cette douleur est présente lors de mouvements de parties du corps, mais aussi lors de crises dues à des inflammations de l’articulation et des tissus autour de celle-ci. Ce qui est dramatique, explique Françoise Alliot-Launois, Présidente de l’AFLAR, c’est “qu’il n’y a pas une once de changement, pas un progrès réalisé sur la douleur en presque 10 ans (référence à la première étude : ndlr)”. Or cette douleur est invalidante.

Pour améliorer la prise en charge de la douleur, il faut travailler sur 3 points, précise la Présidente de l’AFLAR :
– Travailler l’information sur les antalgiques (antidouleur) et notamment avec les pharmaciens
– Apprendre les autosoins (massage, application de pommade, etc.)
– L’activité physique, autrement dit : bouger.

AMÉLIORER LA PRISE EN CHARGE

Si comme le dit cette étude, la prise en charge de l’arthrose n’a pas énormément évolué en 8 ans et serait même en retard par rapport à d’autres pathologies, les experts ont dans leurs conclusions quelques pistes pour améliorer cette situation.

Cela a déjà été mentionné : Bouger de façon adaptée, l’activité physique est le meilleur traitement de la douleur arthrosique, précise le Pr Yves Henrotin.

Pour le Dr Laurent Grange, il faut améliorer la prise en charge médicale, mettre plus de moyens et accélérer la recherche sur les molécules prometteuses. Mieux informer aussi les patients sur la maladie et enfin mettre en place une véritable politique de prévention : l’activité physique, la lutte contre la surcharge pondérale et une prise en charge précoce de la maladie.

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